Créer son entreprise en franchise avec une micro-entreprise

23 octobre 2026

Oui, il est possible de devenir franchisé en étant micro-entrepreneur. Mais toutes les franchises ne se prêtent pas à ce régime. Une activité de services nécessitant peu d’investissements peut parfaitement fonctionner en micro-entreprise, tandis qu’un concept avec un local commercial, beaucoup de stock, des salariés et des redevances importantes peut rapidement montrer les limites du statut.

Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de savoir si franchise et micro-entreprise sont compatibles juridiquement. Il faut surtout vérifier si le modèle économique du réseau reste rentable avec les règles du régime micro : plafonds de chiffre d’affaires, impossibilité de déduire ses charges réelles et cotisations calculées sur le chiffre d’affaires encaissé.

Dans ce guide, nous vous expliquons quelles franchises peuvent être adaptées à la micro-entreprise, quels seuils respecter en 2026 et quels coûts analyser avant de signer votre contrat.

Résumé de l’article

  • Franchise et micro-entreprise sont compatibles : la franchise est un mode d’organisation commerciale, pas un statut juridique. Vous pouvez donc exploiter certaines franchises en entreprise individuelle sous le régime micro.
  • Le franchiseur doit accepter ce mode d’exploitation : certains réseaux demandent une société, notamment lorsque le concept nécessite des investissements importants, des salariés ou un financement conséquent.
  • Les plafonds micro s’appliquent normalement : en 2026, 203 100 € pour les activités de vente et 83 600 € pour les prestations de services.
  • Le poids des charges est déterminant : droit d’entrée, redevances, stock, local et matériel ne sont pas déduits de votre chiffre d’affaires pour calculer vos cotisations sociales de micro-entrepreneur.

Peut-on ouvrir une franchise en micro-entreprise ?

Oui. La franchise et la micro-entreprise ne désignent pas la même chose et peuvent donc se cumuler.

La franchise correspond à une relation contractuelle entre un franchiseur et un entrepreneur indépendant. Le franchiseur met généralement à disposition une marque, un concept, un savoir-faire, des méthodes commerciales et un accompagnement. En contrepartie, le franchisé respecte les règles du réseau et verse éventuellement un droit d’entrée puis des redevances.

La micro-entreprise est quant à elle un régime fiscal et social simplifié de l’entreprise individuelle. Elle permet notamment de bénéficier d’obligations comptables allégées et de cotisations sociales calculées proportionnellement au chiffre d’affaires encaissé.

Vous pouvez donc devenir auto-entrepreneur pour exploiter une franchise dès lors que :

  • l’activité exercée est éligible au régime micro ;
  • le franchiseur accepte ce mode d’exploitation ;
  • votre chiffre d’affaires respecte les plafonds du régime ;
  • le niveau de charges de la franchise reste compatible avec le fonctionnement d’une micro-entreprise.

ⓘ Bon à savoir :

La franchise n’est pas une forme juridique. Vous pouvez être franchisé en entreprise individuelle, en EURL, en SARL, en SASU ou sous une autre forme acceptée par le réseau. C’est votre activité, votre modèle économique et les conditions du franchiseur qui déterminent le statut le plus pertinent.

Quelles franchises sont adaptées à la micro-entreprise ?

La micro-entreprise fonctionne surtout lorsque l’activité nécessite peu de charges fixes et peu d’investissements au démarrage.

Les concepts reposant essentiellement sur le savoir-faire et la prestation du franchisé sont donc généralement plus faciles à exploiter sous ce régime qu’une franchise nécessitant un local, beaucoup de marchandises ou une équipe dès l’ouverture.

Type de franchiseCompatibilité avec la microPourquoi ?
Conseil, coaching, formationSouvent adaptéePeu de stock et peu d’investissements matériels
Soutien scolaire et services à la personneSouvent adaptéeModèle principalement fondé sur une prestation
Nettoyage et prestations itinérantesÀ étudierCompatible si le matériel et les frais restent modérés
Commerce avec stock importantMoins adaptéeLes achats de marchandises ne sont pas déduits du CA pour les cotisations
Restauration ou concept avec localSouvent peu adaptéeLoyer, équipement, matières premières et personnel peuvent peser lourd

Le nom du secteur ne suffit toutefois pas pour décider. Deux franchises proposant le même service peuvent avoir des modèles économiques très différents.

Avant de choisir votre réseau, comparez notamment le droit d’entrée, les redevances, l’investissement initial, les achats imposés et le chiffre d’affaires prévisionnel. Vous pouvez également consulter ce guide pour créer son entreprise en franchise et comparer les différents concepts avant de vous engager.

Quels plafonds respecter pour une franchise en micro-entreprise en 2026 ?

Le fait d’être franchisé ne modifie pas les plafonds du régime micro. Ce sont les règles habituelles de la micro-entreprise qui s’appliquent.

Nature de l’activitéPlafond de CA HT en 2026
Vente de marchandises203 100 €
Prestations de services commerciales ou artisanales83 600 €
Activités libérales83 600 €
Activité mixte vente + services203 100 € au total, dont 83 600 € maximum pour les prestations de services

Vous trouverez le détail des règles et des conséquences d’un dépassement dans notre guide consacré aux plafonds de chiffre d’affaires de l’auto-entrepreneur.

Une seule année de dépassement ne vous fait pas automatiquement perdre le régime micro. La sortie intervient lorsque le seuil correspondant à votre activité est dépassé pendant deux années civiles consécutives.

Dans une franchise dont le développement est rapide, cette règle doit être anticipée dès le prévisionnel. Si le réseau estime qu’un franchisé peut dépasser rapidement 100 000 € de prestations de services annuelles, la micro-entreprise risque par exemple de n’être qu’un statut temporaire.

ⓘ Bon à savoir :

Les plafonds du régime micro et les seuils de franchise en base de TVA sont deux choses différentes. Vous pouvez devenir redevable de la TVA tout en restant micro-entrepreneur. Consultez notre guide sur la TVA de l’auto-entrepreneur pour distinguer les deux mécanismes.

Droit d’entrée, redevances et charges : le vrai point de vigilance

C’est souvent ici que se joue la pertinence de la micro-entreprise pour un franchisé.

Un micro-entrepreneur ne déduit pas ses dépenses professionnelles réelles de son chiffre d’affaires pour calculer ses cotisations sociales. Or une franchise peut générer de nombreuses dépenses :

  • droit d’entrée dans le réseau ;
  • redevances périodiques ou royalties ;
  • redevance publicitaire ;
  • achat de matériel ;
  • loyer d’un local ;
  • stock et approvisionnements ;
  • assurances ;
  • déplacements ;
  • prestataires et logiciels ;
  • éventuels salaires.

Ces dépenses diminuent votre trésorerie réelle, mais elles ne réduisent pas le chiffre d’affaires utilisé pour calculer vos cotisations de micro-entrepreneur.

Vous pouvez retrouver l’ensemble des postes à prévoir dans notre guide sur les charges de l’auto-entrepreneur.

Exemple : une franchise de services avec 55 000 € de chiffre d’affaires

Prenons un franchisé qui exerce une activité de coaching et réalise 55 000 € de chiffre d’affaires sur l’année.

Ses principales dépenses sont les suivantes :

DépenseMontant
Droit d’entrée versé au lancement :6 000 €
Redevance réseau de 8 % du CA4 400 €
Communication, déplacements et logiciels3 000 €
Total13 400 €

Son chiffre d’affaires reste largement sous le plafond de 83 600 € applicable aux prestations de services. Mais économiquement, il doit tenir compte de ces 13 400 € de frais avant même ses cotisations sociales et son impôt.

C’est pourquoi une franchise peut être compatible avec les plafonds de la micro-entreprise tout en étant peu intéressante financièrement sous ce régime.

Le franchiseur peut-il refuser un micro-entrepreneur ?

Oui. Même si le régime micro permet juridiquement d’exercer de nombreuses activités, un réseau de franchise reste libre de définir les conditions d’entrée dans son concept.

Certains franchiseurs acceptent les entrepreneurs individuels au régime micro. D’autres demandent une société, par exemple une SASU ou une EURL, notamment lorsque le projet implique :

  • un investissement initial important ;
  • un emprunt bancaire ;
  • un local commercial ;
  • plusieurs salariés dès l’ouverture ;
  • des stocks importants ;
  • un chiffre d’affaires prévisionnel supérieur aux plafonds micro.

Demandez donc au réseau avant d’immatriculer votre activité quelles formes juridiques il accepte.

Que vérifier dans le contrat de franchise avant de signer ?

Le contrat de franchise définit les principales obligations du franchisé et du franchiseur : droit d’utiliser la marque, transmission du savoir-faire, accompagnement, exclusivité éventuelle, durée du contrat, conditions de renouvellement ou encore redevances.

Avant la signature, vous recevez également un document d’information précontractuelle (DIP). Celui-ci doit vous permettre d’étudier le réseau et votre engagement avant de signer. Il doit être communiqué avec le projet de contrat au moins 20 jours avant la signature ou avant le versement d’une somme demandée préalablement.

Avant de vous engager, vérifiez notamment :

  • le montant exact du droit d’entrée ;
  • les redevances fixes et proportionnelles au chiffre d’affaires ;
  • les éventuelles contributions publicitaires ;
  • les achats obligatoires auprès du réseau ou de fournisseurs référencés ;
  • l’investissement en matériel et en aménagement ;
  • les objectifs de chiffre d’affaires ;
  • les clauses d’exclusivité territoriale ;
  • la durée du contrat et ses conditions de sortie ;
  • les obligations de formation et de respect du concept ;
  • la forme juridique éventuellement imposée par le réseau.

ⓘ Bon à savoir :

Le chiffre d’affaires moyen annoncé par un réseau ne suffit pas pour déterminer si la micro-entreprise est intéressante. Regardez surtout la marge réellement disponible après les redevances, le local, le stock, la communication et les autres dépenses imposées par le concept.

Comment financer une franchise en micro-entreprise ?

Créer une micro-entreprise ne nécessite aucun capital social. Cela ne signifie pas pour autant qu’une franchise puisse être lancée sans apport ni trésorerie.

Selon le réseau, vous pouvez devoir financer :

  • le droit d’entrée ;
  • la formation initiale ;
  • le matériel ;
  • l’aménagement d’un local ;
  • les premiers stocks ;
  • la communication de lancement ;
  • le besoin en fonds de roulement nécessaire avant les premiers encaissements.

Préparez donc un plan de financement avant de choisir définitivement votre statut.

Selon votre situation, vous pouvez aussi bénéficier d’aides à la création. L’ACRE pour les auto-entrepreneurs permet par exemple à certains créateurs éligibles de réduire temporairement leurs cotisations sociales au démarrage.

Des prêts bancaires, prêts d’honneur ou aides liées à France Travail peuvent également être envisagés selon votre profil et votre projet.

Micro-entreprise ou société : que choisir pour sa franchise ?

La micro-entreprise est particulièrement intéressante pour tester un concept avec peu de charges. Lorsque l’activité devient plus importante, une société ou une entreprise individuelle au régime réel peut toutefois devenir plus adaptée.

CritèreMicro-entrepriseSociété / régime réel
Gestion administrativeTrès simplifiéePlus complète
Plafond de CA du régime microOuiNon
Déduction des charges réellesNonOui, selon le régime applicable
Capital socialAucunOui pour une société
Franchise avec beaucoup de chargesSouvent moins adaptéePotentiellement plus adaptée

Vous n’avez pas forcément besoin de créer une société dès que votre activité se développe. Un entrepreneur individuel peut également quitter le régime micro et passer à un régime réel.

Le bon choix dépend donc avant tout du niveau de charges, du chiffre d’affaires attendu et des exigences du réseau.

Franchise et micro-entreprise : notre avis

La micro-entreprise peut constituer un excellent cadre de démarrage pour une franchise de services avec peu d’investissements : gestion simple, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires et absence de capital social.

En revanche, elle devient rapidement moins intéressante lorsque le réseau nécessite beaucoup de stock, un local coûteux, du personnel ou des redevances importantes. Le problème n’est alors pas forcément le plafond de chiffre d’affaires, mais l’impossibilité de déduire les charges réelles.

Avant de signer votre contrat de franchise, faites donc trois calculs :

  1. le chiffre d’affaires que vous pouvez raisonnablement atteindre ;
  2. le montant annuel de toutes les charges liées au réseau ;
  3. ce qu’il vous restera réellement après redevances, dépenses professionnelles, cotisations et impôt.

Si les charges absorbent une part importante de votre chiffre d’affaires ou si le réseau prévoit une croissance rapide, comparez dès le départ la micro-entreprise avec une entreprise individuelle au réel ou une société.

Questions fréquentes sur la franchise en micro-entreprise

Peut-on ouvrir une franchise en étant auto-entrepreneur ?

Oui. La franchise est un mode d'organisation commerciale et non une forme juridique. Un entrepreneur individuel bénéficiant du régime micro peut donc devenir franchisé si son activité est éligible et si le réseau accepte ce mode d'exploitation.

Un franchiseur peut-il refuser la micro-entreprise ?

Oui. Un réseau peut prévoir ses propres conditions d'entrée et demander par exemple la création d'une société lorsque le concept nécessite un investissement important, des salariés, un local commercial ou un chiffre d'affaires incompatible avec les plafonds du régime micro.

Quel chiffre d'affaires peut réaliser un franchisé micro-entrepreneur en 2026 ?

En 2026, le plafond est de 203 100 euros pour les activités de vente de marchandises et de 83 600 euros pour les prestations de services et activités libérales. En cas d'activité mixte, le chiffre d'affaires global ne doit pas dépasser 203 100 euros, dont 83 600 euros maximum pour les prestations de services.

Les redevances de franchise sont-elles déductibles en micro-entreprise ?

Non. Le micro-entrepreneur ne déduit pas ses charges professionnelles réelles de son chiffre d'affaires. Les droits d'entrée, royalties, frais de communication, loyers ou achats de matériel doivent donc être intégrés au prévisionnel, car ils réduisent votre trésorerie sans réduire le chiffre d'affaires servant au calcul de vos cotisations sociales.

Quand vaut-il mieux créer une société pour une franchise ?

Une société ou un régime réel peut devenir plus pertinent lorsque la franchise génère beaucoup de charges, nécessite des investissements ou des salariés, ou prévoit un chiffre d'affaires supérieur aux plafonds micro. Il faut comparer les différentes solutions à partir d'un prévisionnel réaliste avant de choisir.

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